Agriculture
Vulnérabilité des socio-écosystèmes au changement climatique et risques associés

Vulnérabilité des socio-écosystèmes au CC et risques associés

L'interaction des sociétés humaines avec la nature relève d'une dynamique complexe où la compréhension des processus naturels et sociaux ne peut se faire qu'en prenant une vision large et multi-échelle de cette interaction.

Ce type de système complexe est dénommé socio-écosystèmes (SES) par les écologues ou encore système socio-technique (SST) par les sciences humaines et sociales (figure ci-dessous).

Socio écosysteme

Représentation schématique d’un socio-écosystème comme produit de l’interaction entre sociétés humaines et écosystèmes

Pour définir et choisir les scénarios et options d’adaptation d’un socio-écosystème, ces deux approches se recoupent. La figure ci-après, tirée du 5ème rapport du GIEC illustre les interactions entre le système climatique et les processus socio-économiques.

Le risque climatique pour un socio-écosystème découle des interactions entre l’aléa climatique, son exposition et sa vulnérabilité. Il résulte de l’intégration des caractéristiques du système climatique et les processus socio-économiques.

L’aléa climatique est l'évènement climatique susceptible de se produire et pouvant entraîner des dommages. Sa nature, sa force et la probabilité qu’il survienne sont estimés à partir des informations disponibles sur le système climatique – par exemple la fréquence et l’intensité des vagues de chaleur. L’exposition correspond à la nature de la population ou de l’écosystème pouvant être exposé à un stress et au degré du stress qu’il peut subir. La vulnérabilité prend en compte la sensibilité ou fragilité du socio-écosystème et sa capacité d’adaptation. Elle correspond à la prédisposition d’un socio-écosystème à subir des dommages.

Ces concepts sont aussi présentés pour les territoires français de façon simple sur le Centre de ressources pour les Plans Climat-Energie Territoriaux.

Les 2 approches de l’adaptation décrites précédemment amènent à envisager différents types d’adaptation en fonction :

  • de l’échelle temporelle des formes d’adaptation,
  • de l’importance des expériences précédentes,
  • de l’importance du changement climatique.
Adaptation incrémentale systémique transformative

Adaptation incrémentale, systémique, transformative. De l'adaptation basée sur les capacités à l'adaptation basée sur les impacts : rôle de l'intégration. D'après Thornton, 2014.

L’incertitude est traitée différemment selon les approches. L’approche par les impacts développée précédemment accumule les incertitudes (cf. cascade d’incertitudes). S’il est important pour les scientifiques de les quantifier, par exemple par les méthodes ensemblistes, elles rendent plus difficile la prise de décision politique et la mise en œuvre du changement (Vermeulen et al., 2013). L’approche par les capacités accorde moins d’importance à l’incertitude, mais plus au positionnement des acteurs.

Incertitudes et planification de l'adaptation

Incertitude et planification de l'adaptation. D'après Vermeulen et al, 2013.

Une façon de relier ces deux approches et de faciliter les discussions entre acteurs et scientifiques sans blocages liés aux incertitudes consiste à identifier les points de rupture éventuels, c’est à dire les moments où, tout en tenant compte de l’incertitude liée aux simulations, l’adaptation s’avère indispensable, pour ne pas rencontrer un point de rupture (Werners et al., 2015).